61 % des avocats indiquent être inquiets de l’impact sur leur carrière de leur premier enfant. Le métier d’avocat impliquerait une forte charge de travail et une plage horaire étendue, un devoir de disponibilité constant, ce qui est très difficile lors de la construction d’une vie de famille. Ces considérations sont-elles des mythes ? Est-il aujourd’hui possible de concilier vie de famille et métier d’avocat ?
Avocat associé ou collaborateur ?
Tout d’abord, la situation dépend beaucoup selon si un avocat est collaborateur au sein d’un grand cabinet parisien ou par exemple s’est installé en province. Dans un cabinet parisien, l’environnement est traditionnellement très compétitif ce qui rend l’équilibre avec la vie de famille plus compliquée.
Si déclarer sa grossesse auprès du Conseil de l’ordre n’est pas nécessaire, l’avocat doit toutefois la notifier à la Sécurité sociale pour continuer à toucher la rétrocession de ses honoraires. Cette rétrocession est calculée au prorata temporis sur la moyenne des honoraires touchés les douze derniers mois précédant l’arrêt.
Depuis la décision du 10 mars 2011 réformant la profession d’avocat, un avocat collaborateur a droit non plus à 12 semaines de congés mais à 16 semaines. Durant ce laps de temps, le contrat de collaboration ne peut être rompu sauf dans un cas de manquement grave. Malheureusement, dans certains cabinets, la relation entre l’avocat et les autres associés peuvent se dégrader à la suite de l’annonce de la grossesse : éviction des dossiers intéressants, non versement des honoraires ou même rupture de contrat pour manquement. Si ces pratiques semblent marginales, et sont tout à fait illégales, elles peuvent toutefois exister. Dans ce cas-là, il est conseillé de recourir au Conseil de l’ordre.
Avoir un enfant en tant qu’avocat femme
Le métier d’avocat continue de se féminiser et atteint une proportion supérieure à 50 % des professionnels. Comment le secteur du droit s’adapte-il à cette période particulière de la carrière d’une avocate ?
Une enquête du barreau de Paris menée sur 9 500 avocates parisiennes indique que 23,68 % d’entre elles n’ont pas pu prendre de congé maternité à la naissance de leur enfant, tandis que 18,77 % de ces femmes disent avoir pris un congé de maternité trop court. D’après une autre enquête, pour 83 % des avocates, avoir un enfant est un frein dans la carrière et plus de 50 % peinent à concilier vie de famille et vie professionnelle.
De ce fait, à la suite d’une grossesse, beaucoup d’avocates se réorientent et deviennent conseillères juridiques en entreprises et passent dans le monde corporate, un choix qui permet de donner une place plus grande à leur vie de famille. Cependant, il reste de nombreuses mères-avocates qui mènent une carrière dans des cabinets prestigieux.
L’emploi du temps d’un avocat est très chargé, mais offre l’une des meilleures rémunérations en France. Ainsi, lors de la naissance d’un enfant, il est possible de mettre en oeuvre les moyens financiers pour alléger certaines tâches et recourir à une baby-sitter, ou même un précepteur pour les cours du soir. Le tout combiné à un agenda bien organisé permet à un avocat de concilier vie familiale et carrière.
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